C'était en 1996 qu'a la bourse du travail, une camarade syndicaliste, membre quant à elle de la LCR, me prêtait le dernier cd qu'ai publié Jean Ferrat, un cd de nature avec un auguste vieillard moustachu et malicieux: Jean Ferrat. Un concentré de superbes poèmes chantés du grand, du titanesque Aragon.
Rentré de reunion, avant de repartir dans une de ces nombreuses soirées étudiantes avec un groupe de filles rencontrées dans cet aprés-midi de froideur hivernale, j'écoutais le cd dans ma fort modeste chambre de bonne, premier logis de ma vie étudiante fauchée et ce fut d'un éclair le coup d'estoc et de taille musicale. Des mots, de l'engagement à gauche, des poèmes, une voix...et surtout de l'émotion. Beaucoup d'émotion. Je n'ai jamais pu écouter Nuit et Brouillard ou Ma France sans verser de larmes. Je ne me suis jamais laissé à l'écoute de la Montagne sans sentiments profonds. Ces mêmes larmes, ces mêmes émotions que j'ai ressenti cet aprés-midi, à l'annonce de la mort du poète. Jean, dis tu lui diras bonjour là où tu es, à Aragon ?



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