Commençons à parler chiffres, dans un contexte hélas de forte abstention générale, sur Rhône-Alpes et sur Lyon.
Pour Rhône-Alpes Grossetête (UMP) : 26,39% Queyranne (PS) : 25,40% Meirieu (EE) : 17,83% Gollnisch (FN) : 14,01% Martin (Front de Gauche) : 6,31% Begag (MoDem) : 4,33% Combet (NPA) : 2,43% Dulac (Spartacus) : 1,90% Arthaud (LO) : 1,42%
Vous voulez les résultats de Lyon? Grossetête (UMP) : 28,54% Queyranne (PS) : 26,80% Meirieu (EE) : 20,32% Gollnisch (FN) : 9,77% Martin (Front de Gauche) : 5,34% Begag (MoDem) : 4,89% Combet (NPA) : 2,02% Dulac (Spartacus) : 1,34%Arthaud (LO): 0,98%.La gauche est en tête dans 6 arrondissements ( cinq pour le PS 3e, 4e,7e,8e,9e et un pour Europe Ecologie, le 1er). La droite est en tête dans le second, le sixième et le cinquième.
Pour le détail bureau par bureau, arrondissement par arrondissement c'est ici.(résultats définitifs et sans coquille)
Dans le 7e je suis content puisque nous sommes à 29,39% loin devant la droite à 22,67% qui manque de chuter à la troisième place, talonnés par les Verts à 21,51%. Suivent le FN (10,16%), le Front de Gauche (6%) et Azouz Begag, qui jouait à domicile et fait pourtant à peine quelques dixièmes de pourcentage de plus qu'ailleurs avec 5,35%...
Quelques points
Une gauche en bon ordre avec un PS dominant et des verts solides
Hier soir Jean-Jack Queyranne avait le sourire. Sa liste et ses alliés du second tour d'Europe Ecologie et de Front de Gauche se situent environ 25 points au-dessus de la liste unique des conservateurs. Si les négociations vont sans doute être serrées, c'est la règle du jeu, le président sortant peut voir l'avenir avec grande sérénité mais va devoir compter avec un allié écologiste puissant. Le PS reste en tout cas le parti dominant à gauche, même si il a désormais un voisin solide.
Du côté d'Europe Ecologie justement, certains faisaient grise mine, espérant depuis les derniers sondages passer devant Queyranne. Sur Lyon on espérait également renouveler l'exploit des européennes où la plupart des quartiers de Lyon avaient placé les listes écologistes en tête. Espoirs vains puisque seul le 1er arrondissement posta Mérieu en premier de la ligne d'arrivée. Mais plus important sur le long terme, Europe Ecologie a prouvé sa capacité à s'ancrer dans la durée et à construire un socle.Sur le long terme, cela aura forcément des conséquences sur la recomposition à gauche.
Le Front de Gauche réalise un score sans surprise voire même un peu bas. Mais s'imprime sa domination sur la gauche de la gauche, loin devant LO et le NPA. Libérés du "c'est le MODEM ou c'est nous" par le très mauvais score du parti de Bayrou, le Front de Gauche devrait sans trop de soucis retrouver une place dans la majorité régionale. Liste unie à déposer avant mardi 18h.
Une UMP, isolée, en déshérence mais forte dans ses bastions
Avec 44% dans le 6e ou 45% à Ecully, la droite reste écrasante dans les quartiers et villes les plus riches et chez les électeurs âgés. Mais isolée, discréditée, elle risque au niveau national de ne pouvoir conserver que l'Alsace. Partout ailleurs, y compris en Rhône-Alpes où elle sombre un peu moins qu'ailleurs, c'est la catastrophe. A noter la piètre performance de Nora Berra, largement battue dans son arrondissement, même si sa liste est en tête dans le Rhône. Le deuxiéme tour face au rassemblement de la gauche sent la douleur pour l'UMP, même si la forte abstention laisse des marges de remobilisation aux sarkozystes.
Un Front National revenu
On le croyait mort, il est revenu par la fenêtre de l'identité nationale et le discours d'une partie (heureusement minoritaire) de l'UMP sur un plan national (ah les innombrables dérapages) comme local (j'avais constaté il y a peu les discours fleurant le racisme de quelques proches du, pourtant modéré quant à lui, député UMP Havard lors d'une réunion à Gerland). Ironie de l'histoire à Donzére dans la Drôme, ville de Eric Besson, les électeurs ont mis le FN à 23%. Besson est un traitre au PS et en plus il est inefficace pour l'UMP ! Ceci dit ce retour est à relativiser puisque en chiffres absolus nous sommes proches de 2004, les frontistes bénéficiant à plein de l'abstention et du retour de certains électeurs partis à l'UMP.
Un MODEM qui sent le sapin
Parti avec l'ambition lors de sa création de passer devant le PS comme principale force d'alternance, courtisés pendant les municipales, se voulant la force centrifuge de la politique française, le MODEM est en Rhône-Alpes, comme presque partout ailleurs sous les cinq pour cent nécessaires pour négocier des places aux régionales. La bonne volonté et le militantisme de quelques militants sincères ne peut effacer un problème de travail sur la durée, de division, de programme, de crédibilité et de positionnement. Le parti centriste devra se réinventer ou disparaitre.



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